En 1990, le gouvernement mexicain interdit la chasse à la tortue de mer. C’est une bonne chose pour les tortues, mais une moins bonne chose pour les populations qui en tirent leurs revenus. Le braconnage fait son apparition. Les habitants de La Ventanilla, eux, décident plutôt de réorienter leurs activités vers la protection de la tortue de mer ainsi que d’autres espèces en péril, telles que le crocodile et l’iguane. Frappés en 1997 par l’ouragan Paulina, qui détruit 80 % de la mangrove, ils s’engagent aussi dans le reboisement.L’expérience originale, et sans soutien, de cette communauté attire l’intérêt.Chercheurs et étudiants, non seulement du Mexique mais d’aussi loin que l’Allemagne, viennent y effectuer des stages et s’en inspirer pour rédiger leurs mémoires. L’initiative de La Ventanilla sert de modèle à d’autres communautés de la côte.

Un courant régulier de visiteurs, et bientôt de touristes, amène la communauté à se doter d’infrastructures d’accueil (dortoirs, sites de camping, cafétéria communautaire) et à offrir des activités de découverte du milieu. En outre, les voyageurs qui le souhaitent sont invités à participer aux tâches collectives, notamment la cueillette des oeufs et le soin des tortues, le reboisement, l’aide à la cuisine, la participation aux tâches administratives et même le travail d’interprète auprès des autres visiteurs ne parlant pas espagnol. Le tourisme représente le principal appui que reçoit la communauté à ses activités de protection de l’environnement. Elle a adopté un mode de fonctionnement collectif, et les revenus des différentes activités sont répartis également entre ses membres.

De juin à novembre, on peut assister au phénomène spectaculaire de la remontée des tortues : 30 000 d’entre elles émergent de l’océan Pacifique pour venir pondre leurs oeufs sur la plage.
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