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Coopérative de cosmétiques naturels de Mazunte

Dans le mouvement du commerce équitable, qui a pour objectif de collaborer à améliorer les conditions de vie des populations des pays du Sud, une attention particulière est apportée à la situation des femmes.  Pour autant qu’il soit possible, on tente de soutenir la participation des femmes à la prise de décision et à la gestion dans les coopératives et les organisations du Sud engagées dans le commerce équitable avec des partenaires consommateurs du Nord.  Il en est de même pour ce qui est du tourisme équitable et solidaire.  En effet, les femmes tirent elles aussi avantage des retombées économiques du tourisme équitable et solidaire, qui leur fournit des emplois.  Toutefois, l’expérience nous démontre que les femmes se retrouvent le plus souvent dans les occupations traditionnelles de la cuisine, des services d’hébergement et de la fabrication et de la vente d’objets d’artisanat, et peu d’entre elles se retrouvent dans des postes de décision.

C’est pourquoi l’expérience de la Coopérative de fabrication de cosmétiques naturels de Mazunte est si remarquable.  Il s’agit d’une coopérative dont la très grande majorité des membres sont des femmes et qui est gérée par les femmes elles-mêmes.  Son histoire est aussi un peu un conte de fée.

La coopérative est née peu après que le gouvernement mexicain eut interdit la chasse à la tortue en 1990.  Comme on le sait, la perte des activités traditionnelles, telles que l’agriculture, la pêche, la coupe de bois, pousse les jeunes, et surtout les jeunes hommes, à tenter l’aventure de la migration vers le Nord pour trouver du travail et envoyer de l’argent à leur famille.  Souvent, les femmes restent sur place, et elles se tournent vers des activités comme l’artisanat pour subsister de leur côté.

L’histoire de la coopérative débute avec le passage dans la région, à l’invitation de l’organisation Eco-Solar, d’Anita Roddick, la propriétaire de la chaîne de cosmétiques The Body Shop.  Cette dernière s’est fait connaître dans le monde notamment par son refus d’expérimenter ses produits sur des animaux, par son engagement envers plusieurs causes humanitaires et environnementales et surtout par son soutien à la cause des femmes.  Mme Roddick offrit tout simplement aux femmes du village de Mazunte ses recettes et la formation nécessaire pour fabriquer des cosmétiques à partir de produits naturels de la région, mais à la condition que la coopérative protège l’environnement.  Et c’est ainsi qu’elle démarra, mais non sans difficulté.  En effet, il n’était pas dans les habitudes des gens de la région de travailler de façon collective ; le chacun pour soi était plutôt la norme.  Et au début, les maris s’opposaient à ce que leurs femmes y travaillent.  La coopérative a adopté le principe de la rotation des postes pour permettre à chacune des membres de connaître l’ensemble des tâches et d’apprendre les unes des autres.

La coopérative, qui regroupe 12 femmes et 3 hommes, achète toutes les composantes de ses produits de producteurs de la région organisés eux-mêmes en coopérative, et il s’agit de produits certifiés biologiques : huile de coco, de sésame ou d’avocat, cire d’abeille, etc.  Elle a  mis en place des pratiques écologiques, telles que le recyclage et le traitement des eaux d’égout pour fin de réutilisation.

Aujourd’hui, la coopérative dispose d’un marché assez étendu.  Elle représente un arrêt obligé pour les touristes de passage dans la région, mais elle approvisionne également des centres touristiques plus éloignés, comme Puerto Vallarta.  Elle sert également d’exemple à d’autres communautés qui viennent étudier ses modes de gestion et ses méthodes de prévention des conflits.

Une visite à Coopérative de cosmétiques naturels de Mazunte est comprise dans le circuit Oaxaca : les couleurs du Mexique

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